Alain Belmont, « Une industrie au service du pain : les carrières de meules de Cinq-Mars-la-Pile (Indre
et-Loire), au XVIIe siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest [En ligne], 122-4 | 2015, mis en ligne
le 15 décembre 2017, consulté le 21 avril 2019.
URL : http://journals.openedition.org/abpo/3141
DOI : 10.4000/abpo.3141
Ignorée de la plupart des historiens et des archéologues, la production des meules de moulins représenta jusqu’à la veille de la Première guerre mondiale un secteur industriel fondamental, car de sa bonne marche dépendait la quantité et la qualité du pain consommé par nos prédécesseurs. Parmi les grands gisements à la tête de cette industrie, se trouvait celui de Cinq-Mars-la-Pile, en Indre-et-Loire. Connu par ses archives d’entreprises des xixe et xxe siècles, son passé plus ancien demeurait pratiquement inexploré. Partant des plus anciens registres notariés conservés, l’article décrit le mode d’exploitation des carrières, le personnel mis en oeuvre, les productions et enfin l’aire de commercialisation d’entreprises qui irriguèrent de larges pans de l’Ouest de la France au xviie siècle.
Situé au bord de la Loire et à 17 kilomètres en aval de Tours, le village de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire) a été rendu célèbre par un de ses seigneurs, le marquis Henri de Ruzé d’Efiat (1620-1642), exécuté sur une place
de Lyon après avoir comploté contre Richelieu. Plus accessoirement, les archéologues connaissent Cinq-Mars pour sa « pile », une haute tour de briques qui fut bâtie à l’époque romaine pour un usage funéraire. Mais ce que l’on sait moins, au point que même les auteurs de rapports statistiques d’Ancien Régime l’ignorèrent 1, c’est que Cinq-Mars-la-Pile fut aussi jusqu’au début du XXe siècle l’un des principaux centres de production de
meules de moulin en France.