Dans Dix-septième siècle
Dix-septième siècle 2007/1 (n° 234)
2007/1 (n° 234), pages 157 à 167
Éditions Presses Universitaires de France
Presses Universitaires de France
ISSN 0012-4273
ISBN 9782130560531
DOI 10.3917/dss.071.015

https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2007-1-page-157.htm&wt.src=pdf

Parmi toutes sortes de maladies dont pouvaient souffrir les Français du Grand Siècle, il en est une qui ne viendrait pas immédiatement à l’esprit :

Les meules d’autour de Tholose, ainsi que Guillandin expose, se font d’un cailloux sablonneux, plein d’un animal vénéneux, qui n’est qu’une rouge grenouille, plus petite qu’une citrouille, qu’on doit tirer auparavant : car cet animal se crevant empoisonneroit la farine, qui vaudroit pire que famine. [1]

 

L’auteur de cette mise en garde, Claude-Denis du Four de La Crespelière, a peut-être exagéré les risques des meules utilisées dans les moulins toulousains. Parues en 1671, ses rimes n’en reflètent pas moins une crainte fondée : du fait de la mauvaise qualité des roches utilisées par les meuniers, le pain pouvait entraîner des troubles sanitaires parmi la population. C’est à l’origine de ces troubles, à leurs manifestations et surtout aux remèdes employés pour les réduire – la quête de meules exemptes de tout défaut – que les pages qui vont suivre seront consacrées. Elles retracent une révolution alimentaire qui, pour être importante, n’en a pas pour autant marqué les mémoires.