Des meulières en bord de Meuse : exploitation et transport du Poudingue de Burnot autour de la conquête romaine. Paul Picavet, Dominique Daoust, Gilles Fronteau, Éric Goemaere & Sibrecht Reniere

16, 03, 26 | Archéologie, Bibliographie, Mémoire des meules, Meuse, Sites meuliers en France

Au début du XXe s., le dragage d’une cargaison d’ébauches de meules au fond de la Meuse en amont de Namur évoquait la production de petites meules rotatives manuelles dans la formation lithostratigraphique du Poudingue de Burnot (Emsien/Eifélien). Cette découverte révélait aussi leur transport sous une forme semi-finie jusqu’à un atelier probablement situé dans la ville de Namur. Plus récemment, l’archéologue amateur Dominique Daoust découvrait d’anciennes carrières dans le Bois des Acremonts et dans le Bois de Nîmes à Lustin (Namur, Belgique). Il identifia plusieurs dizaines d’ébauches de meules rotatives manuelles dont les dimensions évoquent une datation gauloise et/ou gallo-romaine précoce (autour d’une quarantaine de centimètres, parfois moins). Leur travail d’analyse (en cours) permet aujourd’hui d’identifier les modalités de l’exploitation de cette roche autour de la vallée de la Meuse à ces périodes anciennes. Aujourd’hui à la faveur d’une archéologie préventive dynamique et à l’issue de deux thèses de doctorat (Paul Picavet à Lille et Sibrecht Reniere à Gand), l’enregistrement de produits finis sur de nombreux sites archéologiques de consommation dans le nord de la France et en Belgique permet d’observer leur répartition en Gaule du nord tout en fournissant des appuis chronologiques solides. Recensées entre La Tène finale et le Haut-Empire romain, les meules en Poudingue de Burnot occupent ainsi une aire de répartition située entre celle des productions des carrières dites de Macquenoise à l’ouest (Hirson/Macquenoise, Aisne/Hainaut) et celle des productions de l’Eifel à l’est (Mayen, Rhénanie‑Palatinat). La roche peut de nos jours être observée dans le pavement des quais de la Sambre à Namur.