Caussade Pierre. Les meules romaines dans le Sud-Ouest de la Gaule. In: Aquitania : une revue inter-régionale
d’archéologie, tome 33, 2017. pp. 215-219;
doi : https://doi.org/10.3406/aquit.2017.1507;
https://www.persee.fr/doc/aquit_0758-9670_2017_num_33_1_1507;
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Le passage du système de la meule va-et-vient à la meule rotative est un événement majeur pour la
production de farines issues de la mouture de céréales. Les premières meules rotatives manuelles sont
attestées au Vi e s. a.C. en Catalogne et leur usage se diffuse dans toute la Gaule dès le début du iii e s. a.C.
Avec la romanisation des territoires conquis se généralise l’utilisation d’un moulin à main plus perfectionné que le moulin gaulois. Dans le même temps, apparaissent de nouvelles technologies : le grand moulin
biconique à traction animale de type Pompéi et les moulins hydrauliques qui permettent la mouture de
grands volumes de céréales. L’étude des meules, des moulins et des carrières nous renseigne sur l’histoire
des techniques d’extraction, sur les chaînes opératoires de façonnage, ainsi que sur les réseaux et les aires de
diffusion et les modes alimentaires.
Le grand Sud-Ouest entre Garonne, Atlantique et Pyrénées est longtemps resté un espace géographique
vide de documentation avant qu’un travail de recherche de master ne permette d’en observer le potentiel et
l’originalité. Six départements (Gers, Haute-Garonne, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne) ont livré
213 meules romaines : 197 meules rotatives manuelles, quatre meules de type Pompéi, un moulin entier de
type Haltern-Rheingönheim 1, sept meules hydrauliques et trois meules à minerai de grand diamètre. Ces
exemplaires proviennent de chefs-lieux de cités : Toulouse/Tolosa (31), Cahors/Divona (46), Auch/Augusta
Auscurum (32), Lectoure/Lactora (32), Eauze/Elusa (32) ; de villas : Chiragan, Valentine et Montmaurin (31),
Cadeilhan-Saint-Clar (32) ; de centres potiers : Montans (81), Lombez/Galane (32) ; d’une halte routière,
Mutatio Vanesia à Saint-Jean-Poutge (32) ainsi que de nombreux petits établissements ruraux. Leur examen
a permis de révéler des caractéristiques régionales tant pour la typologie que pour les matériaux utilisés.
La recherche s’est heurtée à une difficulté de datation et de provenance, particulièrement pour les collections issues de découvertes ou de fouilles anciennes très souvent mal expertisées. Le mobilier mis au jour dans des fouilles récentes est, quant à lui, bien daté, inventorié et conservé. L’étude du corpus s’est
naturellement focalisée sur l’analyse des caractéristiques typologiques et morphologiques des meules. Cette étude a permis de comprendre leur fonctionnement et de positionner chronologiquement les meules grâce aux comparaisons avec d’autres corpus bien datés dans d’autres ensembles régionaux. À cet égard, les travaux du “Groupe Meule 2“, ont constitué notre référence. La mutualisation des informations dans une base de données a permis un traitement statistique ainsi que des comparaisons géographiques et
chronologiques dans toute la Gaule.