Sépulture humaine et meules à écraser le grain de Vauxrezis. Octave Vauvillé

Le journal Le Progrès de l’Aisne, dans le n° du 6 mars 1898,contenait l’article suivant :
«Vauxrezis. — Le sieur Liénard, tireur de pierres calcaires, a trouvé dans sa carrière au lieu dit « La Butte du Gaie »  les ossements d’un corps humain., au-dessous d’un banc de roches de deux mètres d’épaisseur. Le corps était bien étalé sur des moellons avec cinq centimètres de terre au-dessus. On ignore par quelle issue on a pu pénétrer sous ces roches si dures que l’on est obligé d’employer la dynamite..
Voulant me rendre compte de cette découverte qui paraissait bien étonnante, je me suis rendu le 3 avril dernier sur le territoire de Vauxrezis (canton de Soissons), au lieu dit le Guet, situé sur l’extrémité Ouest de la montagne qui est au Nord et tout près de ce
village. Voici ce qu’il m’a été possible de constater :
On extrait là, depuis quelques années, des pierres dures………

https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1899_num_10_1_5813

 

 

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Bulletins de la Société d’anthropologie de
Paris, IV° Série. Tome 10, 1899. pp. 17-19

 

La collection de Jean Saluste

Les meules sont des instruments de mouture, traditionnellement en pierre, utilisées dans la fabrication de produits alimentaires secs tels que les farines, le sucre, les végétaux, les épices ou encore des matières animales.

Les meules ont également servi pour le broyage de pigments ou autres minerais. 

Les plus anciennes connues dans notre région sont apparues dès le néolithique ancien et son usage s’est perpétré jusqu’à l’utilisation industrielle des outils métalliques (au cours du XIXe siècle).

Les meules va-et-vient

Les meules dites va-et-vient ont été largement utilisées durant les âges préhistoriques comme l’atteste la présence de nombreuses meules découvertes sur le territoire. A cette période, les meules sont en pierre dure, d’origine locale. Cela peut-être des roches telles que le gneiss, le grès ou la mica schiste. En ce qui nous concerne, on les trouve essentiellement en basalte de par la proximité de la matière première.

Les meules va-et-vient sont composées de deux éléments : la meule dormante constituée d’un monolithe (partie fixe) et la ou les molettes (partie amovible) généralement de petites dimensions pouvant tenir dans la main. Utilisées par percussion posée, usant de mouvements circulaire, ou linéaire d’avant en arrière.

La collection de Jean Saluste issue des prospections et fouilles sur le territoire et plus précisément sur le littoral (Portiragnes/Vias) comprend 56 fragments de meules va-et-vient (conservées et exposées au musée archéologique Jean Saluste de Portiragnes), la grande majorité sont en basalte (Fig.1), quelques meules sont en grès. Parmi lesquelles se trouve celles du site de Pont-de-Roque-Haute confectionnées en basalte local. Ce type de meule domestique est utilisée jusqu’au IIe/Ier siècle avant notre ère.

Les meules des habitats protohistoriques de Martigues. Jean Chausserie-Laprée

Résumé
Présentant de manière exhaustive et détaillée l’importante série (127 pièces cataloguées) d’objets
de mouture issus des différents sites protohistoriques de Martigues, cette étude constitue pour la Provence occidentale le pendant des travaux menés naguère sur le même sujet pour le site de Lattes en Languedoc. Elle aborde la question d’un point de vue à la fois chronologique, technologique et fonctionnel et permet de suivre le mouvement d’innovations et de progrès
techniques qui a marqué les sociétés gauloises de Martigues et de la Provence dans les pratiques quotidiennes de préparation alimentaire. En particulier l’existence de couples fonctionnels pour chaque grand type défini de meules, associée à une approche tracéologique des objets permet ici de mieux comprendre le mode d’utilisation des meules et parfois même de restituer des mécanismes jusque là inédits.
Abstract
This study comprises a detailed analysis of a series (127 catalogued pieces) of milling objects from a number of different protohistoric sites around Martigues. This study from western Provence compliments another from Lattes in the Languedoc. It considers chronological, technological and functional aspects, and allows us to trace innovations and technological developments relating to food preparation in Gallic societies from Martigues and Provence. The definition of functional
relationships for each of the major types, associated with a microwear study, increases our appreciation of the ways in which the querns were used and the mechanisms involved.

Citer ce document / Cite this document :
Chausserie-Laprée Jean. Les meules des habitats protohistoriques de Martigues. In: Documents d’Archéologie
Méridionale, vol. 21, 1998. Entremont et les Salyens. Actes du colloque d’Aix-en-Provence 5-6 avril 1996. pp. 211-235;
doi : https://doi.org/10.3406/dam.1998.1191

https://www.persee.fr/doc/dam_0184-1068_1998_num_21_1_1191

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Les outils comme traceurs des activités de transformation des métaux? : supports de frappe, abrasifs et brunissoirs, outils d’aiguisage et outils de broyage. Maxence Pieters

La littérature archéologique consacrée à l’outillage lithique (au sens large : outils, instruments, ustensiles) des âges des Métaux est peu
abondante� Les publications de corpus de tailles variées ne sont pas rares (Jacobi 1974, Pouenat, Vernet 2002), mais elles sont noyées dans des études de site. Les publications spéciiquement axées sur la thématique du lithique demeurent exceptionnelles (Ribaux 1986)� La place du mobilier lithique dans l’archéologie des âges des
métaux a toutefois connu une inlation récente, avec la création du groupe de recherche sur les outils de mouture� Depuis 2005, le Groupe Meule s’est constitué pour aborder les aspects techniques, économiques et sociaux des meules à va-et-vient et rotatives, démontrant tout l’intérêt d’une approche ine de ce type de mobilier (Buchsenschutz et al. 2011)� Les fouilles de ces 20 dernières années ont mis au jour des corpus importants d’outils lithiques, associés à des sites de travail du métal� La fouille
du Lycée militaire à Autun, en 1992-1993, a livré certainement le plus conséquent (252 pièces inventoriées représentant plus de 4,4 T), comprenant notamment une série de lourds blocs à cupule inconnus jusqu’alors (Chardron-Picault, Pernot 1999)� Les fouilles sur le Mont Beuvray ont également livré une quantité importante de ces objets, surtout sur les secteurs du Champlain et de la Côme Chaudron, autour des ateliers de transformation1 du métal (Guillaumet 2000, Guillaumet, Dungworth 2001, 2002, Guillaumet (dir) 2003, 2004, 2005, Guillaumet et al� 2007)� Une première approche de ce mobilier, notamment avec le corpus du Mont Beuvray conservé au Musée Rollin à Autun et au Centre archéologique européen de Bibracte (146 individus), la collection Berger provenant de l’oppidum de Stradonice (277 individus) et le corpus du Lycée militaire à Autun (252 individus), nous a montré l’ampleur du champ de recherche que représente l’outillage lithique des âges des 1 Les mots en gras renvoient au glossaire en in de volume.
Métaux� Sur l’ensemble des corpus réunis ici, les identiications fonctionnelles sont remarquablement variées : supports de frappe, abrasifs, outils d’aiguisage, outils de broyage, poids, lests, moules à bon creux, tablettes à fard, percuteurs, creusets, galets de cuisson, jetons, masses, marteaux, sans compter tous les objets pour lesquels nous n’avons pu identiier de fonction précise et les meules et mortiers exclus d’ofice. Ces objets entrent dans une variété de domaines d’activité probablement encore plus importante : agriculture, activités domestiques, activités militaires, boucherie, métallurgie, pêche, commerce… Un travail exhaustif sur l’outillage lithique était donc inenvisageable, car le sujet est beaucoup trop vaste� Nous avons alors recentré notre propos sur les principales catégories fonctionnelles représentées dans le corpus déjà réuni : les supports de frappe, les abrasifs et brunissoirs, les outils d’aiguisage et de broyage (hors meules et mortiers qui font déjà l’objet de travaux de recherche avancés)� En basant le choix de l’objet d’étude sur la fonction et non plus sur le critère du matériau, la rigueur commandait d’intégrer les autres matériaux représentés dans nos catégories fonctionnelles, à savoir le métal pour les supports de frappe et la céramique pour les abrasifs et les outils d’aiguisage, ain de privilégier une vision d’ensemble cohérente� Le mobilier rassemblé dans le corpus provient de plus de 90 « opérations archéologiques »� Une opération correspondre parfois à une simple découverte isolée et un même site peut faire l’objet de plusieurs opérations archéologiques : pour le Mont Beuvray, nous avons traité le mobilier de 21 opérations, correspondant à autant de secteurs de fouille� En plus des grands corpus déjà cités, nous avons intégré le mobilier de plusieurs opérations ayant livré des corpus plus restreints, comme le Faubourg d’Arroux à Autun (Saôneet-Loire ou la Peute Combe à Plombières-lèsDijon (Côte-d’Or) et de nombreux objets publiés dans la littérature archéologique, notamment des outils en métal� En tout, le mobilier lithique représente 836 individus, auxquels il faut ajouter 95 outils en métal, 6 en céramique et le corpus iconographique qui comprend 29 représentations d’outils ou de scènes de métiers� Les contextes de découverte sont inégalement documentés� La collection Berger est ainsi entièrement hors contexte� De nombreuses opérations archéologiques que nous avons abordées sont toujours en cours, ou n’ont pas encore fait l’objet de rapports de synthèse ou de publications. D’où les nombreuses dificultés pour faire le lien entre les objets et les structures, ce qui a accru la complexité de l’analyse� Sans compter que de nombreux objets ont été découverts hors contexte, lors d’opération de décapage ou
de fouilles non documentées� Cependant, il ressort clairement que les catégories fonctionnelles recensées ici sont essentiellement associées à des contextes de travail des métaux, plus particulièrement la phase de transformation� Une problématique émerge donc naturellement : dans quelle mesure les supports de frappe, les abrasifs et brunissoirs, les outils d’aiguisage et les outils de broyage, principalement sous leur forme lithique, sont-ils des marqueurs des activités de travail des métaux ? En effet, une catégorie fonctionnelle d’outil est rarement propre à un domaine d’activité� Il convient d’analyser celles-ci en profondeur pour tenter de déterminer dans quelle mesure il est possible de les associer à une activité précise et éventuellement de les utiliser comme marqueurs de cette même activité� Dans la mesure où les supports de frappe, les abrasifs et brunissoirs, les outils d’aiguisage et de broyage peuvent être reliés au travail du métal, quelles informations peuvent-ils nous apporter sur les techniques de mise en forme et les productions ?

Pour répondre à ces questions, nous avons dû mettre au point une méthode d’analyse adaptée à un objet d’étude polymorphe, à partir de laquelle nous avons élaboré un outil d’analyse sous forme d’une base de données� À partir de ce socle commun, chaque catégorie fonctionnelle a été abordée de façon indépendante, de façon aussi exhaustive que possible : identiication fonctionnelle, fonctionnement et aspects culturels� Ce travail a été effectué essentiellement à partir de l’analyse structurelle des outils, étayée par une analyse macro-tracéologique des traces d’utilisation� Quelques comparaisons ethnographiques et données iconographiques ont été convoquées pour aborder les questions
de postures liées aux outils� Des expérimentations de portée limitée ont également étés menées. Elles nous ont permis de vériier quelques hypothèses, mais également de poser les bases d’axes de recherche sur les propriétés des matériaux, qui devront être développées ultérieurement dans un cadre pluridisciplinaire� Audelà du travail sur les catégories de mobilier, des problématiques d’ordre plus général ont également été abordées� La première concerne les sources d’approvisionnement en matériaux lithiques, mises en relation avec l’exploitation d’un territoire autour d’un site et les circuits d’échanges auquel il est raccordé� La seconde analyse l’apport de l’outillage lithique pour la caractérisation des cellules de production d’objets en métal, à partir de l’analyse du site le mieux documenté de notre corpus: le Lycée militaire à Autun (Saône-et-Loire)�

https://theses.hal.science/tel-01054571/document

 

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REGARDS CROISÉS SUR LES OUTILS LIÉS AU TRAVAIL DES VÉGÉTAUX.

Les activités liées au traitement des végétaux restent mal connues en raison de leur nature périssable. Au-delà de l’archéobotanique et de l’étude de l’outillage lithique, plutôt utilisées pour rechercher ces activités, ce livre porte un regard interdisciplinaire sur des artefacts dont la détermination n’est pas toujours aisée. Les auteurs examinent comment ces outils, tirés de différents matériaux (bois, matières dures d’origine animale, céramique, métal, structures en terre, mobilier lourd) ont été employés pour la récolte, le battage, le meulage, le broyage, la cuisson, la préparation et l’utilisation des fibres et du bois dans des domaines divers : alimentation, cosmétiques, textiles, vanneries, et architecture. Les méthodes engagées combinent l’ethnologie, l’histoire, l’archéologie, l’expérimentation et aussi l’analyse tracéologique, tribologique, métrologique, ou de chimie élémentaire, ainsi que l’étude des restes végétaux tels que phytolithes et amidons. Ces 28 documents d’auteurs originaires de six pays constituent un ensemble de données inhabituelles sur l’histoire des techniques et de
leur contexte socioéconomique dans treize pays en Europe, Afrique et Asie du Sud-Ouest, du Paléolithique à nos jours. De nombreux résultats présentés ici sont le fruit de deux projets de recherche, le GDR 2517 du CNRS et le programme EARTH de la Fondation Européenne de la Science (ESF).
Much of the evidence for plant processing escapes us, due to the perishable nature of most plant remains as well as of many of the tools used. Beyond archaeobotany and analyses of better understood flaked stone tools, this book provides an interdisciplinary look at how tools that are difficult to identify as such were made and used to work plant materials.
Authors explore how unusual tools in wood, bone, ground stone, earthen structures, ceramic, and metal were used for harvesting, threshing, grilling, grinding, pounding, fiber preparation and use, extractions from plants, and woodworking, related to animal fodder, human food
and condiments, cosmetics, textiles, basketry and building, for example. The interdisciplinary methodologies used combine archaeology, experimental archaeology, history, social and cultural anthropology, microwear analysis, tribology and metrology, elemental chemical analysis, and study of plant macro remains, phytoliths and starch. 28 papers by authors from 6 countries, comprise an unusual data set of new studies on the history of techniques and their social and economic context in 13 countries in Europe, Africa and Southwest Asia, from the Paleolithic to the present. Presented at the Colloque d’ Antibes, many papers result from two collaborative research projects, the GDR 2517 of the CNRS and the EARTH Program of the European Science Foundation (ESF)

https://www.academia.edu/5092748/BOFILL_M_PROCOPIOU_H_VARGIOLU_R_ZAHOUANI_H_2013_Use_wear_analysis_of_Near_Eastern_prehistoric_Grinding_stones_

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L’ENCEINTE NÉOLITHIQUE DE CHAMP-DURAND À NIEUL-SUR-L’AUTISE (VENDÉE)

INDUSTRIE LITHIQUE
2. Le macro-outillage lithique
Klet DONNART

Cette étude de cas fait partie d’une monographie consacrée à l’enceinte néolithique de Champ-Durand (Vendée, France). Fouillé dans les années 1980 par Roger Joussaume, ce site a été fondamental pour l’archéologie de l’ouest de la France. Une équipe pluridisciplinaire a récemment étudié l’ensemble du matériel resté inédit jusqu’alors, offrant ainsi une image complète du mode de vie dans cette région au IVe millénaire avant J.-C. Ma contribution porte sur les outils en pierre polie. Outre la typologie, cet important ensemble renseigne sur les aspects techniques et économiques de l’habitat.