COMPARING ANCIENT QUARRIES IN STABLE AND SLOWLY UPLIFTING COASTAL AREA LOCATED IN EASTERN SICILY, ITALY.

Le littoral méditerranéen conserve encore plusieurs vestiges d’anciennes carrières côtières, souvent exploités pour étudier les variations du niveau marin au cours des derniers millénaires. La côte sud-est de la Sicile (Italie) se caractérise par la présence de plus de cinquante anciennes carrières, étudiées et documentées en détail d’un point de vue archéologique et géomorphologique. La plupart de ces carrières sont actuellement partiellement submergées et certaines d’entre elles ont, de ce fait, servi de marqueurs du niveau marin ancien, fournissant des données importantes sur les variations relatives du niveau de la mer et la mobilité tectonique durant l’Holocène récent. Nous avons sélectionné six anciennes carrières importantes et bien connues, situées dans des secteurs côtiers caractérisés par différents taux de soulèvement tectonique, par exemple dans une zone stable (Marzamemi) et dans une zone fortement soulevée (Augusta). L’altitude du fond le plus profond du niveau le plus bas des carrières a été mesurée à l’aide d’une tige d’invar par rapport au niveau marin actuel, et corrigée de la marée au moment des relevés. Ces données ont été comparées aux courbes de montée du niveau marin prévues pour l’Holocène à l’aide d’un modèle glacio-hydro-isostatique. La comparaison avec la courbe de la côte sud-est de la Sicile révèle une composante tectonique de la variation relative du niveau marin, liée au soulèvement régional. Des taux de soulèvement compris entre 0 et 0,4 mm/an ont été estimés.

COMPARAISON D’ANCIENNES CARRIÈRES DANS UNE ZONE CÔTIÈRE STABLE ET EN LENT SOULÈVEMENT, SITUÉE DANS L’EST DE LA SICILE, EN ITALIE

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Les tailleries de meules de Ganagobie, leur intérêt pour l’étude des tailleries du Sud-Est de la France. Pierre Martel

Le Plateau de Ganagobie (Alpes de Haute-Provence) est situé en bordure immédiate de la Durance, qu’il domine de près de 350 m. Sa silhouette, en forme de large table, est bien connue de tous les voyageurs de Provence. Son monastère roman, édifié par les moines de Cluny, reçoit chaque année la visite de nombreux archéologues et d’une foule de touristes bien qu’on ne lui ait pas encore consacré la monographie qu’il mérite.

Les richesses archéologiques du plateau et de ses abords n’ont jamais fait non plus l’objet d’une étude exhaustive. Il y a bien eu quelques découvertes isolées, et même une ou deux campagnes de fouilles, mais il n’en est  résulté aucune publication. Pourtant, ce plateau a été occupé intensément, à bien des périodes, sinon continûment, depuis la préhistoire. On y trouve un peu partout, outre des silex taillés et des tessons de tuiles et de poteries antiques, les ruines de plusieurs églises et villages (dont celui de Villevieille, qui occupe le sommet de l’éperon), des nécropoles, des alignements de pierres levées, des carrières d’époque indéterminée, des fontaines et bassins creusés dans le roc, des grottes et abris sous roche, enfin des terrasses de culture et des chemins archaïques dont on n’a jamais pu préciser exactement à quelle
époque ils avaient pu être établis.

doi : https://doi.org/10.3406/mar.1973.912
https://www.persee.fr/doc/mar_0758-4431_1973_num_1_1_912

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Millstone quarries along the Mediterranean coast: chronology, morphological variability and relationships with past sea levels

Le littoral méditerranéen recèle plusieurs vestiges d’anciennes carrières côtières, aujourd’hui précieux pour l’étude des variations du niveau marin au cours des derniers millénaires. Exploitées selon des techniques d’extraction similaires à partir de roches telles que les grès de plage, les grès ou des lithologies analogues, les meules étaient taillées pour moudre les olives, les graines et le blé, produire de l’huile et de la farine, ou encore concasser les roches tendres. Cette étude combine sources historiques, photographies aériennes, relevés de terrain et modélisation paléoenvironnementale du niveau marin afin d’analyser plusieurs carrières de meules et d’évaluer les variations du niveau marin survenues depuis leur abandon. Nous avons étudié leur chronologie, leur distribution spatiale et leur relation spatiale avec le niveau de la mer. Nos résultats indiquent que la plupart de ces carrières ont été creusées à proximité du niveau de la mer entre 1 450 et 250 ans avant le présent (cal BP), principalement autour de 450 ans avant le présent (cal BP). Malgré les incertitudes liées à la chronologie, nous avons constaté une bonne concordance entre leur altitude la plus basse (entre 0,33 m et −0,06 m) et les paléo-niveaux de la mer, tels que prédits par les modèles GIA.

Millstones of Aswan red granite found on the island of Elephantine, Egypt. STEFANIE WEFERS & FRITZ MANGARTZ

En 2011, les meules de l’île Éléphantine ont été répertoriées. Éléphantine appartient à la région du granit rouge d’Assouan (l’ancienne ville de Syène), principalement connue pour ses pierres de construction monumentales – comme l’obélisque inachevé – mais qui fournissait également une roche dure utilisée pour la fabrication de meules. Il n’est donc pas surprenant que toutes les meules d’Éléphantine soient en granit rouge. Des traces d’exploitation de carrières ont été relevées sur l’île, mais aucun site d’extraction de meules n’a pu être identifié. Cependant, la présence d’ébauches parmi les meules répertoriées atteste de leur production sur le site, et peut-être aussi dans ses environs. Sept meules supérieures de type olynthien ont été recensées, dont deux ébauches et deux meules laissées à un stade précoce de leur fabrication ; aucune meule inférieure de type olynthien n’a été trouvée. Parmi les meules rotatives, on trouve un type encore inconnu en Égypte : les meules de type pseudo-pompéien. Leurs meules cylindriques atteignent jusqu’à 60 cm de diamètre. Parmi les cinq meules inférieures en forme de cloche, une seule est ébauchée. Pour la reconstitution, nous proposons un modèle similaire aux meules allemandes de Haltern-Rheingönheim. Ces meules de type pseudo-pompéien semblent dater de l’Antiquité tardive au début du Moyen Âge, mais pourraient avoir été utilisées bien plus longtemps. Une seule meule rotative a été découverte à Éléphantine. Deux meules à lames servaient de moulins pour broyer les olives et trois énormes poutres de granit faisaient office de fondations pour des pressoirs à huile.

L’abattage par le feu : une technique minière ancestrale. Bruno Ancel, Vanessa Py

Depuis la nuit des temps, l’homme sait que le feu a le pouvoir de fendre ou d’altérer certaines roches. Il a pu l’observer à l’occasion des incendies de forêt, lors d’un feu de campement, d’un essartage ou d’un écobuage. L’homme a am si très tôt compris l’utilité de maîtriser le feu pour attaquer et briser les roches dures qui rési~aient aux outils en pierre, en bois
ou en corne. Les premtères atte~ations de cet usage remontent au Paléolithtque pour l’extraction du silex et du quartz (Weisgerber, \Vtllies, 2001) •.

Le chauffage d’une roche entraîne une augmentatton de son volume qui peut être sans consequence s’il se produit de manière lente et homogène. Mais si le chauffage e~ violent, la surface chauffée se dilate plus vite que l’intérieur de la roche. Il se produit alors de fortes tensions entraînant une fissuration et un écaillage de la surface, phénomène appelé aussi<< étonnement>>. L’étonnement est  d’autant plus prononcé que la roche est dure et homogène. En revanche, une roche plastique déjà fissurée ou litée réagit mal au feu, mais elle peut être attaquée par les outils à percussion usuels. Le feu peut aussi modifier la Structure minéralogique de la roche, comme transformer un calcaire en chaux, et la rendre plus tendre superficiellement. Le principe du travail par le feu est simple: un bûcher de bois sec est construit au plus près de la surface de roche. Si le feu est violent, l’écaillage de la roche esl important, par exemple quand le bois esl très sec. Si le chauffage a lieu progressivement, les étonnements ne seront pas spectaculaires, mais des lames de roches se détacheront. Lorsque le front de taille eSt refroidi, la roche fragilisée qui n’esl pas tombée eSt purgée à l’outil, puis l’aire de travail est nettoyée, et un nouveau feu peut être lancé. Chaque feu attaque la roche sur une épaisseur d’un à plusieurs centimètres, et c’est par des actions répétitives qu’elle sera détruite sur une grande profondeur. Quand le travail est abouti, la paroi rocheuse montre une surface lisse et concave, les plafonds peuvent être noircis par la suie, et les déblais de taille sont riches en écailles, en plaquettes de roche et en charbons de bois. Dans la mesure où les conditions pratiques rendent possible l’accès au front d’abattage, on peut aussi provoquer un refroidissement rapide et contracter la roche en surface en projetant de l’eau froide sur la surface chauffée.