Moudre au pays des Tungri, Else Hartoch. Sinon Hartoch ed.     Musée gallo-romain Tongres, 2015.                                           Disponible en consultation sur place, bibliothèque MOLERIAE

Moudre au pays des Tungri, Else Hartoch. Sinon Hartoch ed. Musée gallo-romain Tongres, 2015. Disponible en consultation sur place, bibliothèque MOLERIAE

L’étude est principalement axée sur les meules rotatives antiques conservées dans les collections du Musée gallo-romain de Tongres et dont les pièces ont été mises au jour dans la province du Limbourg correspondant à la partie centrale de la cité des Tongres, la civitas Tungrorum. Ces collections ont été enrichies par les découvertes faites lors de plusieurs opérations d’archéologie urbaine préventive et programmée, effectuées à Tongres au cours des dernières décennies. Le corpus d’étude publié comprend plus de 80 meules limbourgoises (entières ou fracturées, majoritairement rotatives) réparties sur un grand intervalle chronologique qui s’échelonnant de l’Age du Fer jusqu’au Temps Modernes. De nouvelles méthodes de recherche ainsi qu’une approche interdisciplinaire ont permis une étude approfondie de ce corpus de meules et ont conduit à de nouvelles perceptions quant à l’origine des matières premières, des voies de transport, les outils utilisés pour le façonnage et le r(habillage) des meules, les techniques de taille, l’habillage et le décor du corpus de meules analysés. L’ouvrage offre également un inventaire élaboré, une description complète des objets et la détermination des origines géographiques et géologiques des matériaux au moyen d’analyses pétrographiques et/ou géochimiques. Les résultats sont remplacés dans le cadre général des habitudes alimentaires et agricoles du chef-lieu de la cité des Tungri et de ses régions avoisinantes. Un glossaire quadrilingue en annexes rend cet ouvrage accessible aux non spécialistes ou aux allophones.  

HARTOCH E. (ED.), DOPERÉ F., DREESEN R., GLUHAK T., GOEMAERE E., MANTELEERS I., VAN CAMP L. & WEFERS S. 2015, Moudre au Pays des Tungri, Atuatuca 7, Publications du Musée gallo-romain de Tongres, Tongres. 416p. RÉIMPRIMÉ en 2016. 

De la mouture gauloise à la meunerie carolingienne. Archéologie des meules et moulins entre Seine et Rhin, (Revue du Nord Hors série Archéologie n°30), 2021, 550 p. – Revue du Nord Hors-Série Archéologie. Paul Picavet                                  Disponible en consultation sur place, bibliothèque MOLERIAE

De la mouture gauloise à la meunerie carolingienne. Archéologie des meules et moulins entre Seine et Rhin, (Revue du Nord Hors série Archéologie n°30), 2021, 550 p. – Revue du Nord Hors-Série Archéologie. Paul Picavet Disponible en consultation sur place, bibliothèque MOLERIAE

Les meules, pièces maîtresses et les mieux conservées des moulins, sont emblématiques de la recherche en histoire de l’économie et des techniques. De l’économie, parce que l’analyse des roches meulières révèle une chaîne complexe de recherche des ressources, d’extrac tion, de mise en forme, de distribution et d’utilisation qui dépend d’une série de facteurs qui ne concernent pas seulement les meules mais peuvent s’appliquer à toutes sortes de productions artisanales répondant à des besoins primaires de subsistance.

Des techniques, parce que l’amélioration des procédés de mouture est le fruit d’une transmission des savoir-faire techniques alliée à une recherche constante de la meilleure réponse possible à des besoins alimentaires qui eux-mêmes évoluent. Cette notion de progrès technique, que l’on observe à la fois sur le temps long (ici plus d’un millénaire) et à l’occasion de brèves transitions politico-culturelles (la conquête romaine de la Gaule puis les migrations germaniques), est à l’origine de profonds changements socio-économiques.

Sur la base de travaux de terrain (prospections thématiques), d’analyses d’objets (les meules) et d’un tour d’horizon bibliographique, cet ouvrage présente une synthèse régionale sur un type de mobilier modeste mais structurant des sociétés et des économies anciennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Meules et Moulins de la KRKA

Meules et Moulins de la KRKA

Meules et Moulins de la KRKA

Le parc national de la Krka, s’étend à quelques kilomètres de Sibenik en Croatie sur près de 109 km². Les chutes de la rivière Krka constituent sa principale attraction. Cette rivière, longue de 72 km, est le plus étonnant des cours d’eau du karst croate. Sur les deux tiers de sa longueur elle coule dans de profonds canyons en se frayant sa voie vers la mer Adriatique. De nombreux moulins étaient installés sus ses bords, avec des meules particulières

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_de_Krka

Compte rendu du colloque sur les meules à Bergen et Hyllestad

Compte rendu du colloque sur les meules à Bergen et Hyllestad

L’écomusée de Kvernsteinspark

Dans le parc des meules de Hyllestad, l’une des premières grandes industries norvégiennes. On y trouve notamment l’ardoise mica-grenat, un matériau particulier, à l’extrémité du Sognefjord. Rares étaient les types de pierre aussi adaptés à la fabrication de meules. On y taillait des meules dès le VIIIe siècle. Ces pierres de vie étaient taillées dans la montagne d’Hyllestad et transportées par bateau sur de longues distances. Sans meule, il était impossible de moudre le grain qui alimentait la table. Hyllestad joua ainsi un rôle central dans le commerce et l’exportation tout au long de l’ère viking et du Moyen Âge. Le parc est ouvert toute l’année.

Vaaga – Carrières de Lalm (Kvennberget)

Lalm est un village de la municipalité de Vågå, dans le comté d’Innlandet.
Kvennberget, un endroit merveilleux. Il y aurait eu sur ce site plusieurs époques d’exploitation : durant l’Age de Fer, au XVeme siècle et jusqu’en 1890.  Les meules sont aussi bien pour les  moulins à eau que pour des moulins manuels. On y retrouve la roche de type micaschiste à inclusions de grenats. De Kvennberget – qui signifie approximativement « colline du moulin » – les meules étaient livrées dans toute la Norvège et même à l’étranger. C’est en 1987 que le site a été  protégé par la « Historical Sites Act ». Un sentier de découverte muni
de panneaux pédagogiques en trois langues (en norvégien, allemand et anglais).

Selbu

Les carrières de meules se trouvent à une vingtaine de kilomètres à l’est de Selbu, dans une zone de montagne qui est maintenant le Skarvan et le parc national Roltdalen, où l’on taillait les meules. La roche est composée de schiste à biotite à grains durs incrustés de staurotides et de grenats. On pense que l’exploitation a commencé dans les années 1300. La production à Selbu était la plus grande exploitation qui a connu son apogée au XIXéme siècle, exportant  principalement sa production en Suède et au Danemark, mais aussi en Russie et aux USA. La production a pris fin lorsque la Première Guerre Mondiale a commencé.
En octobre, lorsque les travaux d’été dans les fermes étaient terminés, les meules semi-finies étaient transportées à la maison, généralement la nuit sur la neige croûteuse en avril. C’était un travail difficile dans un climat difficile, et sur peu de temps. Les hommes travaillaient dans l’eau et la neige dans les fosses. L’exploitation s’est faite essentiellement à partir du XVIIIéme. par l’extraction à l’explosif de blocs de pierre  façonnés ensuite en meules. Il en reste de vastes fosses profondes d’une vingtaine de mètres, emplies d’eau. Le travail s’effectuait surtout en hiver, par des équipes contrôlées par des négociants de Selbu (Frederik Birch), et qui logeaient par 10-15 personnes dans des cabanes en rondins. Les meules ont 1 à 1,6 m de diamètre et pèsent jusqu’à 1,5 t. Elles étaient les plus réputées en Scandinavie aux XVIII-XXème. Le site de Selbu provoqua la fermeture de toutes les carrières concurrentes

Le musée « Selbu Bygdemuseum »

Ce musée rural est logé dans la vieille cure au centre de la ville de Selbu, juste à côté de l’église. Un musée de la pierre meulière retrace la vie de ces paysans qui partaient en montagne pour tailler des meules compléter leurs revenus quand il n’y avait plus de travail aux champs.

La grande salle du Conseil est ornée avec des fresques peintes par Bjarne Rise (né en 1904, mort en 1984), un jeune artiste d’Oppdal. Ces fresques représentent la vie quotidienne des gens du village (1928). On y observe des carriers en train de mettre des meules en forme 
Dans la salle adjacente, une grande collection d’objets rappelle le passé de l’industrie meulière qui fut très importante employant près de 300 hommes.

Kalvaa – Le musée de plein air de Kalvåa Bygdetunet

Le musée de plein air de Kalvåa est situé le long de la route nationale 705 à 9 kilomètres du centre de Selbu dans la direction de Tydal  près de la rivière Nea.

Créé pendant les années 1970, il présente une ferme alpine dans laquelle s’entassaient une dizaine d’hommes pendant leur séjour en montagne pour tailler les meules. Elle a été démontée, descendue de la montagne en 1933 et installée sur le site Elle contient des outils et le mobilier qui permettait aux hommes d’y vivre pour le temps de la taille des meules ou des blocs de pierre.
A proximité un superbe moulin et son séchoir à grains.
Bygdetunet est également un théâtre de verdure qui est utilisé l’été.

La carrière de meules de los Frailes

La carrière de meules de los Frailes

Cabra : découverte d’une carrière de meules en Espagne

Sur le site de la carrière, nous avons été accueillis par M. Francisco Casas Marín, conseiller municipal de la ville de Cabra en charge du Patrimoine et du tourisme et par M. Antonio Moreno, directeur du Musée archéologique de Cabra. Tim Anderson nous donna tous les éclaircissements nécessaires pour comprendre les méthodes d’extraction des meules.

La cantera de los Frailes est l’un des plus gros sites d’extraction de meules (15 000 m2) du sud de l’Espagne et l’un des plus spectaculaires. La carrière est située le long du ruisseau Frailes dans le Parc National des Sierras subbéticas, cinq kilomètres à l’est de la ville de Cabra.

Le géologue Ezquerra del Bayo traite du site dans deux publications différentes, au milieu du XIXe siècle. La première date de 1847 et enregistre une importante production de meules « à une lieue à l’est de Cabra ” (Montero 2008 : 168), une distance qui coïncide parfaitement avec le site. Dix ans plus tard, le géologue fait référence à « une vaste et ancienne carrière d’extraction de meules de moulins qui sont distribuées à travers la région » (Ezquerra del Bayo 1856 : 384-385). La principale source d’information, sur ce site, est cependant un article récent sur les moulins à eau dans la ville de Córdoba (Montero 2008), publié dans les actes d’un colloque molinologique. Il n’y a aucune mention de ce site dans le dictionnaire de géographie de Madoz.

Le nom Los Frailes (les Frères) vient de la ferme en amont du site et est peut-être lié à l’Ermitage de Notre-Dame de la Sierra au sommet de la montagne. Le site est un exemple classique de banc carrière coupant dans le flanc d’une colline. Les cylindres ont été taillés directement dans le substrat rocheux (véritable extraction) résultant en de nombreux creux tubulaires verticaux avec des marques d’outil bien conservées.

Une caractéristique unique de ce site est la série de carrés d’extractions multiples clairement visibles dans les vues aériennes. Ces carrés pourraient délimiter les différentes concessions.

Il y a aussi « une cheminée très haute » qui semble laissée volontairement dans le milieu de la zone d’extraction. On retrouve ce curieux élément dans d’autres carrières (notamment carrières de construction), par exemple à Sisapo ou sur le célèbre site d’El Mèdol à Tarragone. Cette fonctionnalité a été interprétée comme une limite entre concessions. Les flancs de la roche exploitée sont recouverts de lignes diagonales multiples résultant de l’utilisation du pic pour dégager la roche suivant la méthode de coupe en tranchées circulaires. Le sol est recouvert de débris ou de végétation.

Le site montre des centaines de meules extraites. Bien que certaines soient grandes (1,40 m de diamètre), la plupart font environ 1 m de diamètre.

Le site est divisé en deux parties par une vieille route. Le long de la route est un groupe des meules « en attente » d’être chargées pour le transport. Il n’est cependant pas certain qu’il s’agisse d’une mise en scène.

Ezquerra del Bayo (1856 : 385) commente que les meules Cabra ont été commercialisées dans la région et ont même atteint la ville de Malaga, 85 km au sud (à vol d’oiseau). Dans tous les cas, les recherches pétrographiques indiquent que les pierres de Cabra se retrouvent dans les moulins à eau de Córdoba, à 60 km au nord-ouest (Montero 2008). Il n’existe aucune trace de moulins à bras ou de meules romains.

Le travail du géologue Ezquerra del Bayo situe ce lieu de la production au milieu du XIXe siècle. Il est raisonnable de supposer que la production était encore plus ancienne, au moins à partir du début du XIXe siècle, sur la déclaration de Ezquerra selon laquelle Los Fsraisles était déjà une carrière de meules établie de longue date. Dans un protocole notarial de 1904 (Cordoue de la Llave et Varela 2011 : 335), on parle d’une meule de « Cabreña » (signifiant « de Cabra’’) au moulin à eau à Aguilar de la Frontera (à 25 km). Cela placerait la production au plus tard au début du XXe siècle. Ce qui pourrait coïncider avec plusieurs modèles de meules abandonnées sur le site dont le diamètre est de 1,40 m.
Dans la littérature du début du XIXe siècle, la roche est définie respectivement comme un grès avec une brèche calcaire. C’est en fait un calcaire nodulaire rosâtre avec des fossiles d’ammonites sporadiques (Rosso Ammonitico facies). (Carte géologique 989, Lucena, 1988)

D’après l’ouvrage de Tim Anderson – Turning stone to bread A Diachronic Study of Millstone Making in Southern Spain- Catalogue of sites.