LE MATERIEL DE MOUTURE ROTATIF GALLO-ROMAIN D’ARGENTOMAGUS (INDRE) : FORMES, TEMPS, ESPACES ET USURES. Gaultier Aurèle

Je remercie O. de Cazanove d’avoir accepté de diriger mes recherches. Je remercie également pour leurs conseils avisés et leur patience L. Laüt, H. Procopiou et F. Dumasy. Merci à F. Boyer pour être venu expertiser les meules de St-Marcel et l’apport de son expérience. Je veux aussi signifier mes remerciement au Groupe meule, qui par l’émulation qui s’en dégage et les conseils de ses membres m’a beaucoup aidé. Je salue également toute l’équipe du musée D’Argentomagus, pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité. Enfin merci à ma compagne pour son soutien et ses relectures minutieuses.

Le matériel de mouture du site d’El-Mekam (Maroc oriental) : Première approche.The Milling Equipment of the El-Mekam Site (Eastern Morocco) : First Approach Nouzha Boudouhou,Université Mohammad 1er Oujda, Maroc

Abstract:

These tumuli, discovered in 2003 during surveys in the region of the city of Oujda, are
part of a necropolis. This necropolis is characterized by its organization in space and by the typological
variety of tumuli found there. Preliminary results of the first excavations of some monuments in this
necropolis have not been as successful as we had hoped. Archaeological finds are very minimal. They
consist of rare bone remains and very limited archaeological furniture. Geological and sanitary constraints
have not yet allowed us to push investigations to the bedrock. Our interest in pursuing them remains intact,
this will be our main objective during future excavations on this site.

Résumé :

Ces tumulus, découverts en 2003 lors de prospections dans la région d’Oujda, font partie d’une nécropole. Cette nécropole se caractérise par son organisation spatiale et par la variété typologique des tumulus qu’elle abrite. Les résultats préliminaires des premières fouilles de certains monuments de cette nécropole n’ont pas été aussi concluants que nous l’espérions. Les vestiges archéologiques sont très peu nombreux. Ils consistent en de rares restes osseux et un mobilier archéologique très limité. Les contraintes géologiques et sanitaires ne nous ont pas encore permis de poursuivre les fouilles jusqu’au substratum rocheux. Notre intérêt pour la poursuite de ces fouilles demeure intact ; ce sera notre principal objectif lors des futures campagnes de fouilles sur ce site.

LES MEULES ROTATIVES DES MINES ROMAINES DE VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE (Aveyron)LA PREUVE CHIMIQUE DE LEUR USAGE «INDUSTRIEL». Jean-Gabriel MORASZ et Raymond PULOU

Résumé : Sur les sites miniers et/ou métallurgiques de l’Antiquité, on trouve fréquemment des meules en pierre
tout à fait semblables à celles qu’utilisaient les Anciens pour broyer les céréales. Mais celles-ci ont pu servir à broyer du minerai en vue de sa concentration par lavage. On propose ici un procédé chimique d’identification facile à utiliser, pour les meules découvertes surdes sites de production de plomb. Le secteur d’application est le district minier de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron, France).

Abstract : Grind-mills are found frequently on ancient mining and/or metallurgical sites. They are like those used
in the antiquity to grind grain. But these could be used to grind ore, before concentrating it by washing. Here a
chimical process is suggested to identify ore grinding mills discovered on ancient lead making sites. The application
area is the lead-silver district of Villefranche-de-Rouergue (Aveyron, France).

Morasz Jean-Gabriel, Pulou Raymond. Les meules rotatives des mines romaines de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) : la preuve chimique de leur usage « industriel ». In: Revue d’Archéométrie, n°21, 1997. pp. 141-144.

DOI : https://doi.org/10.3406/arsci.1997.955

www.persee.fr/doc/arsci_0399-1237_1997_num_21_1_955

Evolution typologique et technique des meules, du Néolithique à l’an mille. Coordination : Luc Jaccottey, INRAP & UMR 6249 – Laboratoire de Chrono-environnement. Caroline Hamon, chargée de recherche CNRS, UMR 8215.

Programme Collectif de Recherche
Rapport 2014
DRAC – SRA – Région Centre
Coordination :
Luc Jaccottey, INRAP & UMR 6249 – Laboratoire de Chrono-environnement.
Caroline Hamon, chargée de recherche CNRS, UMR 8215 – Trajectoires
Evolution typologique et technique des meules
du Néolithique à l’an mille

Origines et objectifs du projet
Les meules nous informent sur l’histoire des techniques, sur l’économie et sur l’organisation des sociétés anciennes. Durant une longue période, de 5500 av. J.-C. à nos jours, plusieurs types de moulins se succèdent : les moulins va-et-vient, les meules à trémie et enfin les moulins rotatifs (manuels, hydrauliques ou à sang). L’analyse fine des caractéristiques technologiques
de ces meules permet d’aborder les techniques de fabrication et l’organisation économique de
la production, les évolutions chronologiques et les spécificités régionales, ainsi que les réseaux
de circulation.
Pour aborder ces questions, une dynamique d’échange et de collaborations mobilise depuis 2005 de nombreux archéologues et géologues au sein du « Groupe Meule ». Ce projet à vocation nationale fonctionne depuis 2008 sous la forme d’un Programme Collectif de Recherche. Il
mobilise près d’une quarantaine de chercheurs de toutes institutions. Après deux premières années d’existence appuyées par la DRAC et le SRA de Midi-Pyrénées en 2008 et 2009, le PCR a été soutenu par la DRAC et le SRA de Champagne-Ardenne entre 2010 et 2013.
Les premiers résultats de ce projet ont été présentés dans les actes du colloque qui s’est tenu à St Julien-sur-Garonne en 2009 (Buchsenschutz et al. 2011), et plus récemment lors du colloque de clôture du programme en Champagne-Ardenne s’est tenu à Reims du 15 au 17 mai 2014.
Nous nous investissons aujourd’hui dans une troisième région, en proposant ce projet à la DRAC Centre. Le choix de la région Centre doit en effet permettre de combler un vide, essentiellement pour les outils va-et-vient, dans les données dont nous disposons actuellement à l’échelle nationale, et également de renforcer la jonction indispensable entre la connaissance des meules dans les moitiés nord-ouest et sud-est de la France.

Une industrie au service du pain : les carrières de meules de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire), au XVIIe siècle. An industry devoted to bread: the millstone quarries of Cinq-Mars-la-Pile (Indreet-Loire) in the seventeenth-century. Alain Belmont

Alain Belmont, « Une industrie au service du pain : les carrières de meules de Cinq-Mars-la-Pile (Indre
et-Loire), au XVIIe siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest [En ligne], 122-4 | 2015, mis en ligne
le 15 décembre 2017, consulté le 21 avril 2019.

URL : http://journals.openedition.org/abpo/3141 

 

 DOI : 10.4000/abpo.3141

 

 

 

Ignorée de la plupart des historiens et des archéologues, la production des meules de moulins représenta jusqu’à la veille de la Première guerre mondiale un secteur industriel fondamental, car de sa bonne marche dépendait la quantité et la qualité du pain consommé par nos prédécesseurs. Parmi les grands gisements à la tête de cette industrie, se trouvait celui de Cinq-Mars-la-Pile, en Indre-et-Loire. Connu par ses archives d’entreprises des xixe et xxe siècles, son passé plus ancien demeurait pratiquement inexploré. Partant des plus anciens registres notariés conservés, l’article décrit le mode d’exploitation des carrières, le personnel mis en oeuvre, les productions et enfin l’aire de commercialisation d’entreprises qui irriguèrent de larges pans de l’Ouest de la France au xviie siècle.

Situé au bord de la Loire et à 17 kilomètres en aval de Tours, le village de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire) a été rendu célèbre par un de ses seigneurs, le marquis Henri de Ruzé d’Efiat (1620-1642), exécuté sur une place
de Lyon après avoir comploté contre Richelieu. Plus accessoirement, les archéologues connaissent Cinq-Mars pour sa « pile », une haute tour de briques qui fut bâtie à l’époque romaine pour un usage funéraire. Mais ce que l’on sait moins, au point que même les auteurs de rapports statistiques d’Ancien Régime l’ignorèrent 1, c’est que Cinq-Mars-la-Pile fut aussi jusqu’au début du XXe siècle l’un des principaux centres de production de
meules de moulin en France.

Mola Asinaria. L’helcium et la traction attelée du moulin « pompéien ». À propos du moulin de Marcus Careius Asisa à Narbonne (Inv. 08. 2.1

L’utilisation de l’énergie animale en manège est
assurément très ancienne ; elle est toujours d’actua
lité dans de nombreuses régions du monde. Le
mouvement tournant de l’animal entraîne par un
mécanisme de transmission de la force un arbre
de rotation. Toutes sortes de machines peuvent ainsi être activées en prise directe ou indirectement, avec ou sans engrenage, notamment pour broyer et moudre. De nombreux travaux y sont consacrés1. La typologie des meules, le matériau, le geste et les utilisations connaissent un intérêt croissant chez les historiens, archéologues et ethnologues (Hartoch 2015 ; Procopiou,
Treuil 2002). Et les moulins à eau, réhabilités par les travaux de Wikander (dès 1979) après un long purgatoire, sont devenus désormais banals dans l’arsenal des technologies productives de l’Anti quité (Wilson 2002). Dans la typologie des
instruments de mouture, le moulin à sang occupe une place particulière. Dans sa version pompéienne et dans sa configu ration maximale, il peut être considéré comme une innovation (Peacock 1989). Mis en batterie dans des boulangeries de Pompéi, Herculanum, Rome ou Ostie, il illustre le passage de la mouture domestique et familiale à un artisanat urbain organisé où la recherche de productivité est de mise. Si les archéologues procèdent volontiers aujourd’hui à l’expérimentation des
meules manuelles dont la typologie est complexe, mais la mécanique élémentaire, et si les fonctionnements du moulin à eau,toujours d’actualité, d’une grande complexité comme ceux du moulin à vent, font l’objet d’une importante littérature (Wilson 2002 ; Barboff 2002 ; Wikander 2000 ; Hartoch 2015 ; Fleury 2017), la mécanique du moulin à sang n’a pas vraiment été
abordée. Les documents disponibles, une courte iconographie funéraire, quelques vestiges archéologiques et le célèbre passage des Métamorphoses d’Apulée, illustrent le sujet mais
manquent de précisions, posent des problèmes d’interprétation, ou dramatisent à souhait son emploi.