REGARDS CROISÉS SUR LES OUTILS LIÉS AU TRAVAIL DES VÉGÉTAUX.

Les activités liées au traitement des végétaux restent mal connues en raison de leur nature périssable. Au-delà de l’archéobotanique et de l’étude de l’outillage lithique, plutôt utilisées pour rechercher ces activités, ce livre porte un regard interdisciplinaire sur des artefacts dont la détermination n’est pas toujours aisée. Les auteurs examinent comment ces outils, tirés de différents matériaux (bois, matières dures d’origine animale, céramique, métal, structures en terre, mobilier lourd) ont été employés pour la récolte, le battage, le meulage, le broyage, la cuisson, la préparation et l’utilisation des fibres et du bois dans des domaines divers : alimentation, cosmétiques, textiles, vanneries, et architecture. Les méthodes engagées combinent l’ethnologie, l’histoire, l’archéologie, l’expérimentation et aussi l’analyse tracéologique, tribologique, métrologique, ou de chimie élémentaire, ainsi que l’étude des restes végétaux tels que phytolithes et amidons. Ces 28 documents d’auteurs originaires de six pays constituent un ensemble de données inhabituelles sur l’histoire des techniques et de
leur contexte socioéconomique dans treize pays en Europe, Afrique et Asie du Sud-Ouest, du Paléolithique à nos jours. De nombreux résultats présentés ici sont le fruit de deux projets de recherche, le GDR 2517 du CNRS et le programme EARTH de la Fondation Européenne de la Science (ESF).
Much of the evidence for plant processing escapes us, due to the perishable nature of most plant remains as well as of many of the tools used. Beyond archaeobotany and analyses of better understood flaked stone tools, this book provides an interdisciplinary look at how tools that are difficult to identify as such were made and used to work plant materials.
Authors explore how unusual tools in wood, bone, ground stone, earthen structures, ceramic, and metal were used for harvesting, threshing, grilling, grinding, pounding, fiber preparation and use, extractions from plants, and woodworking, related to animal fodder, human food
and condiments, cosmetics, textiles, basketry and building, for example. The interdisciplinary methodologies used combine archaeology, experimental archaeology, history, social and cultural anthropology, microwear analysis, tribology and metrology, elemental chemical analysis, and study of plant macro remains, phytoliths and starch. 28 papers by authors from 6 countries, comprise an unusual data set of new studies on the history of techniques and their social and economic context in 13 countries in Europe, Africa and Southwest Asia, from the Paleolithic to the present. Presented at the Colloque d’ Antibes, many papers result from two collaborative research projects, the GDR 2517 of the CNRS and the EARTH Program of the European Science Foundation (ESF)

https://www.academia.edu/5092748/BOFILL_M_PROCOPIOU_H_VARGIOLU_R_ZAHOUANI_H_2013_Use_wear_analysis_of_Near_Eastern_prehistoric_Grinding_stones_

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Broyage et abrasion au Néolithique ancien. Caractérisation technique et fonctionnelle des outillages en grès du Bassin parisien. Caroline Hamon

L’avènement du Néolithique ancien se traduit par un renouveau des activités de broyage, mouture et abrasion sur les sites d’habitat du Bassin parisien. La caractérisation des modes d’exploitation du grès est appréhendée à travers une analyse pétrographique. Les modes de fabrication et de gestion démontrent de cycles d’entretien et de véritable réutilisation des supports. L’analyse des caractères morphologiques et métriques souligne l’existence de modules « standards » de meules et molettes. Une méthode originale de reconnaissance des traces d’utilisation permet de formuler de nouvelles hypothèses quant à leur fonction. Une évolution de la maîtrise des procédés de transformation des céréales est perceptible entre le Rubané et le Villeneuve-Saint-Germain. L’augmentation de la part des activités de peau se fait en parallèle de celle de la consommation de la faune domestique. La distribution du mobilier en grès dans l’espace villageois reflète une partition des activités. L’étude de l’outillage en grès contribue ainsi à notre connaissance des modes de subsistance et du fonctionnement socio-économique des premières sociétés néolithiques dans la moitié Nord de la France.

Les meules romaines dans le Sud-Ouest de la Gaule, Pierre Caussade.

Caussade Pierre. Les meules romaines dans le Sud-Ouest de la Gaule. In: Aquitania : une revue inter-régionale
d’archéologie, tome 33, 2017. pp. 215-219;
doi : https://doi.org/10.3406/aquit.2017.1507;
https://www.persee.fr/doc/aquit_0758-9670_2017_num_33_1_1507;

 

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Le passage du système de la meule va-et-vient à la meule rotative est un événement majeur pour la
production de farines issues de la mouture de céréales. Les premières meules rotatives manuelles sont
attestées au Vi e s. a.C. en Catalogne et leur usage se diffuse dans toute la Gaule dès le début du iii e s. a.C.
Avec la romanisation des territoires conquis se généralise l’utilisation d’un moulin à main plus perfectionné que le moulin gaulois. Dans le même temps, apparaissent de nouvelles technologies : le grand moulin
biconique à traction animale de type Pompéi et les moulins hydrauliques qui permettent la mouture de
grands volumes de céréales. L’étude des meules, des moulins et des carrières nous renseigne sur l’histoire
des techniques d’extraction, sur les chaînes opératoires de façonnage, ainsi que sur les réseaux et les aires de
diffusion et les modes alimentaires.
Le grand Sud-Ouest entre Garonne, Atlantique et Pyrénées est longtemps resté un espace géographique
vide de documentation avant qu’un travail de recherche de master ne permette d’en observer le potentiel et
l’originalité. Six départements (Gers, Haute-Garonne, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne) ont livré
213 meules romaines : 197 meules rotatives manuelles, quatre meules de type Pompéi, un moulin entier de
type Haltern-Rheingönheim 1, sept meules hydrauliques et trois meules à minerai de grand diamètre. Ces
exemplaires proviennent de chefs-lieux de cités : Toulouse/Tolosa (31), Cahors/Divona (46), Auch/Augusta
Auscurum (32), Lectoure/Lactora (32), Eauze/Elusa (32) ; de villas : Chiragan, Valentine et Montmaurin (31),
Cadeilhan-Saint-Clar (32) ; de centres potiers : Montans (81), Lombez/Galane (32) ; d’une halte routière,
Mutatio Vanesia à Saint-Jean-Poutge (32) ainsi que de nombreux petits établissements ruraux. Leur examen
a permis de révéler des caractéristiques régionales tant pour la typologie que pour les matériaux utilisés.
La recherche s’est heurtée à une difficulté de datation et de provenance, particulièrement pour les collections issues de découvertes ou de fouilles anciennes très souvent mal expertisées. Le mobilier mis au jour dans des fouilles récentes est, quant à lui, bien daté, inventorié et conservé. L’étude du corpus s’est
naturellement focalisée sur l’analyse des caractéristiques typologiques et morphologiques des meules. Cette étude a permis de comprendre leur fonctionnement et de positionner chronologiquement les meules grâce aux comparaisons avec d’autres corpus bien datés dans d’autres ensembles régionaux. À cet égard, les travaux du “Groupe Meule 2“, ont constitué notre référence. La mutualisation des informations dans une base de données a permis un traitement statistique ainsi que des comparaisons géographiques et
chronologiques dans toute la Gaule.

L’ENCEINTE NÉOLITHIQUE DE CHAMP-DURAND À NIEUL-SUR-L’AUTISE (VENDÉE)

INDUSTRIE LITHIQUE
2. Le macro-outillage lithique
Klet DONNART

Cette étude de cas fait partie d’une monographie consacrée à l’enceinte néolithique de Champ-Durand (Vendée, France). Fouillé dans les années 1980 par Roger Joussaume, ce site a été fondamental pour l’archéologie de l’ouest de la France. Une équipe pluridisciplinaire a récemment étudié l’ensemble du matériel resté inédit jusqu’alors, offrant ainsi une image complète du mode de vie dans cette région au IVe millénaire avant J.-C. Ma contribution porte sur les outils en pierre polie. Outre la typologie, cet important ensemble renseigne sur les aspects techniques et économiques de l’habitat.

Les conditions d’une interprétation fonctionnelle des moulins « celtiques » rotatifs à mains sont-elles réunies? / Are the conditions united for a functional interpretation of the « celtic  » hand-turned rotary mills ?  Fr. Boyer, O. Buchsenschutz

Les moulins rotatifs font l’objet d’une triple analyse, archéologique, expérimentale et fonctionnelle. Cette petite machine, née en Espagne au IVe siècle et largement répandue en Occident, est utilisée dans un contexte domestique dans le monde celtique.
Une reconstruction d’un moulin a permis de définir un modèle et de distinguer les critères descriptifs fonctionnels et culturels. Une analyse fonctionnelle a permis d’identifier les paramètres qui permettent d’obtenir de la farine. Un groupe de chercheurs a
entrepris un inventaire des meules du nord de la France.
Abstract
Rotary querns are analysed from the typological, experimental and fonctionnalist point of vue. This engine, born in Spain in the 4th century BC and largely distributed in Occident, is used in the domestic context in the Celtic world. A reconstruction of a rotary mill allow us to define a model and to separate functional and cultural items. Functionalist analysis identified the
components which are necessary to obtain flour. An inventary of the rotary querns in northern France is worked out by a large group of scholars

Boyer François, Buchsenschutz Olivier. Les conditions d’une interprétation fonctionnelle des moulins « celtiques » rotatifs à
mains sont-elles réunies? / Are the conditions united for a functional interpretation of the « celtic  » hand-turned rotary mills ? . In:
Revue archéologique du Centre de la France, tome 37, 1998. pp. 197-206;
doi : https://doi.org/10.3406/racf.1998.2796
https://www.persee.fr/doc/racf_0220-6617_1998_num_37_1_2796

 

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