L’abattage par le feu : une technique minière ancestrale. Bruno Ancel, Vanessa Py

Depuis la nuit des temps, l’homme sait que le feu a le pouvoir de fendre ou d’altérer certaines roches. Il a pu l’observer à l’occasion des incendies de forêt, lors d’un feu de campement, d’un essartage ou d’un écobuage. L’homme a am si très tôt compris l’utilité de maîtriser le feu pour attaquer et briser les roches dures qui rési~aient aux outils en pierre, en bois
ou en corne. Les premtères atte~ations de cet usage remontent au Paléolithtque pour l’extraction du silex et du quartz (Weisgerber, \Vtllies, 2001) •.

Le chauffage d’une roche entraîne une augmentatton de son volume qui peut être sans consequence s’il se produit de manière lente et homogène. Mais si le chauffage e~ violent, la surface chauffée se dilate plus vite que l’intérieur de la roche. Il se produit alors de fortes tensions entraînant une fissuration et un écaillage de la surface, phénomène appelé aussi<< étonnement>>. L’étonnement est  d’autant plus prononcé que la roche est dure et homogène. En revanche, une roche plastique déjà fissurée ou litée réagit mal au feu, mais elle peut être attaquée par les outils à percussion usuels. Le feu peut aussi modifier la Structure minéralogique de la roche, comme transformer un calcaire en chaux, et la rendre plus tendre superficiellement. Le principe du travail par le feu est simple: un bûcher de bois sec est construit au plus près de la surface de roche. Si le feu est violent, l’écaillage de la roche esl important, par exemple quand le bois esl très sec. Si le chauffage a lieu progressivement, les étonnements ne seront pas spectaculaires, mais des lames de roches se détacheront. Lorsque le front de taille eSt refroidi, la roche fragilisée qui n’esl pas tombée eSt purgée à l’outil, puis l’aire de travail est nettoyée, et un nouveau feu peut être lancé. Chaque feu attaque la roche sur une épaisseur d’un à plusieurs centimètres, et c’est par des actions répétitives qu’elle sera détruite sur une grande profondeur. Quand le travail est abouti, la paroi rocheuse montre une surface lisse et concave, les plafonds peuvent être noircis par la suie, et les déblais de taille sont riches en écailles, en plaquettes de roche et en charbons de bois. Dans la mesure où les conditions pratiques rendent possible l’accès au front d’abattage, on peut aussi provoquer un refroidissement rapide et contracter la roche en surface en projetant de l’eau froide sur la surface chauffée.

Isn’t it strange? Grinding tool deposits and deposition in the north-western LBK Caroline Hamon

Parmi les objets emblématiques des dépôts de la culture linéaire, les meules revêtent une importance symbolique considérable, liée à la vie agricole et domestique. Les premières découvertes de dépôts de meules néolithiques en Europe occidentale ont eu lieu dans des contextes de cette culture en Belgique, au début du XXe siècle. Depuis, une vingtaine de dépôts de meules de ce type ont été mis au jour, presque exclusivement dans le nord-ouest du territoire de la culture linéaire, dans une région située entre la Seine et la Meuse. L’analyse détaillée de leur localisation et de leur organisation révèle des pratiques codifiées communes. L’analyse technologique des outils de broyage met en évidence des étapes de sélection complexes. Ces observations nous amènent à proposer et à discuter plusieurs interprétations de ces dépôts.

Sépulture humaine et meules à écraser le grain de Vauxrezis. Octave Vauvillé

Le journal Le Progrès de l’Aisne, dans le n° du 6 mars 1898,contenait l’article suivant :
«Vauxrezis. — Le sieur Liénard, tireur de pierres calcaires, a trouvé dans sa carrière au lieu dit « La Butte du Gaie »  les ossements d’un corps humain., au-dessous d’un banc de roches de deux mètres d’épaisseur. Le corps était bien étalé sur des moellons avec cinq centimètres de terre au-dessus. On ignore par quelle issue on a pu pénétrer sous ces roches si dures que l’on est obligé d’employer la dynamite..
Voulant me rendre compte de cette découverte qui paraissait bien étonnante, je me suis rendu le 3 avril dernier sur le territoire de Vauxrezis (canton de Soissons), au lieu dit le Guet, situé sur l’extrémité Ouest de la montagne qui est au Nord et tout près de ce
village. Voici ce qu’il m’a été possible de constater :
On extrait là, depuis quelques années, des pierres dures………

https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1899_num_10_1_5813

 

 

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Bulletins de la Société d’anthropologie de
Paris, IV° Série. Tome 10, 1899. pp. 17-19

 

Inventaire des meules dormantes d’Ile-de-France. Alain Benard

Benard Alain. Inventaire des meules dormantes d’Ile-de-France. In: Bulletin de la Société préhistorique française, tome 80, n°8,
1983. pp. 249-256;
doi : https://doi.org/10.3406/bspf.1983.5452
https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1983_num_80_8_5452

 

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Nous appelons meule dormante une cuvette plus
ou moins concave destinée avec vraisemblance à un
travail de meunerie et creusée sur un bloc rocheux
intransportable avec facilité. A ce jour seules les
meules de Marines et de Mondreville, publiées au
début du siècle, étaient connues en Ile-de-France.
Les découvertes inédites de douze autres meules
nous permettent de présenter cet inventaire suivi de
quelques observations générales sur leurs formes et
leur utilisation.

La collection de Jean Saluste

Les meules sont des instruments de mouture, traditionnellement en pierre, utilisées dans la fabrication de produits alimentaires secs tels que les farines, le sucre, les végétaux, les épices ou encore des matières animales.

Les meules ont également servi pour le broyage de pigments ou autres minerais. 

Les plus anciennes connues dans notre région sont apparues dès le néolithique ancien et son usage s’est perpétré jusqu’à l’utilisation industrielle des outils métalliques (au cours du XIXe siècle).

Les meules va-et-vient

Les meules dites va-et-vient ont été largement utilisées durant les âges préhistoriques comme l’atteste la présence de nombreuses meules découvertes sur le territoire. A cette période, les meules sont en pierre dure, d’origine locale. Cela peut-être des roches telles que le gneiss, le grès ou la mica schiste. En ce qui nous concerne, on les trouve essentiellement en basalte de par la proximité de la matière première.

Les meules va-et-vient sont composées de deux éléments : la meule dormante constituée d’un monolithe (partie fixe) et la ou les molettes (partie amovible) généralement de petites dimensions pouvant tenir dans la main. Utilisées par percussion posée, usant de mouvements circulaire, ou linéaire d’avant en arrière.

La collection de Jean Saluste issue des prospections et fouilles sur le territoire et plus précisément sur le littoral (Portiragnes/Vias) comprend 56 fragments de meules va-et-vient (conservées et exposées au musée archéologique Jean Saluste de Portiragnes), la grande majorité sont en basalte (Fig.1), quelques meules sont en grès. Parmi lesquelles se trouve celles du site de Pont-de-Roque-Haute confectionnées en basalte local. Ce type de meule domestique est utilisée jusqu’au IIe/Ier siècle avant notre ère.

Les meules des habitats protohistoriques de Martigues. Jean Chausserie-Laprée

Résumé
Présentant de manière exhaustive et détaillée l’importante série (127 pièces cataloguées) d’objets
de mouture issus des différents sites protohistoriques de Martigues, cette étude constitue pour la Provence occidentale le pendant des travaux menés naguère sur le même sujet pour le site de Lattes en Languedoc. Elle aborde la question d’un point de vue à la fois chronologique, technologique et fonctionnel et permet de suivre le mouvement d’innovations et de progrès
techniques qui a marqué les sociétés gauloises de Martigues et de la Provence dans les pratiques quotidiennes de préparation alimentaire. En particulier l’existence de couples fonctionnels pour chaque grand type défini de meules, associée à une approche tracéologique des objets permet ici de mieux comprendre le mode d’utilisation des meules et parfois même de restituer des mécanismes jusque là inédits.
Abstract
This study comprises a detailed analysis of a series (127 catalogued pieces) of milling objects from a number of different protohistoric sites around Martigues. This study from western Provence compliments another from Lattes in the Languedoc. It considers chronological, technological and functional aspects, and allows us to trace innovations and technological developments relating to food preparation in Gallic societies from Martigues and Provence. The definition of functional
relationships for each of the major types, associated with a microwear study, increases our appreciation of the ways in which the querns were used and the mechanisms involved.

Citer ce document / Cite this document :
Chausserie-Laprée Jean. Les meules des habitats protohistoriques de Martigues. In: Documents d’Archéologie
Méridionale, vol. 21, 1998. Entremont et les Salyens. Actes du colloque d’Aix-en-Provence 5-6 avril 1996. pp. 211-235;
doi : https://doi.org/10.3406/dam.1998.1191

https://www.persee.fr/doc/dam_0184-1068_1998_num_21_1_1191

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