Depuis la nuit des temps, l’homme sait que le feu a le pouvoir de fendre ou d’altérer certaines roches. Il a pu l’observer à l’occasion des incendies de forêt, lors d’un feu de campement, d’un essartage ou d’un écobuage. L’homme a am si très tôt compris l’utilité de maîtriser le feu pour attaquer et briser les roches dures qui rési~aient aux outils en pierre, en bois
ou en corne. Les premtères atte~ations de cet usage remontent au Paléolithtque pour l’extraction du silex et du quartz (Weisgerber, \Vtllies, 2001) •.
Le chauffage d’une roche entraîne une augmentatton de son volume qui peut être sans consequence s’il se produit de manière lente et homogène. Mais si le chauffage e~ violent, la surface chauffée se dilate plus vite que l’intérieur de la roche. Il se produit alors de fortes tensions entraînant une fissuration et un écaillage de la surface, phénomène appelé aussi<< étonnement>>. L’étonnement est d’autant plus prononcé que la roche est dure et homogène. En revanche, une roche plastique déjà fissurée ou litée réagit mal au feu, mais elle peut être attaquée par les outils à percussion usuels. Le feu peut aussi modifier la Structure minéralogique de la roche, comme transformer un calcaire en chaux, et la rendre plus tendre superficiellement. Le principe du travail par le feu est simple: un bûcher de bois sec est construit au plus près de la surface de roche. Si le feu est violent, l’écaillage de la roche esl important, par exemple quand le bois esl très sec. Si le chauffage a lieu progressivement, les étonnements ne seront pas spectaculaires, mais des lames de roches se détacheront. Lorsque le front de taille eSt refroidi, la roche fragilisée qui n’esl pas tombée eSt purgée à l’outil, puis l’aire de travail est nettoyée, et un nouveau feu peut être lancé. Chaque feu attaque la roche sur une épaisseur d’un à plusieurs centimètres, et c’est par des actions répétitives qu’elle sera détruite sur une grande profondeur. Quand le travail est abouti, la paroi rocheuse montre une surface lisse et concave, les plafonds peuvent être noircis par la suie, et les déblais de taille sont riches en écailles, en plaquettes de roche et en charbons de bois. Dans la mesure où les conditions pratiques rendent possible l’accès au front d’abattage, on peut aussi provoquer un refroidissement rapide et contracter la roche en surface en projetant de l’eau froide sur la surface chauffée.
https://univ-tlse2.hal.science/hal-01101222v1/file/2008%20Ancel%20Py%20feu_cor.pdf
Cliquez sur le lien ci-dessus